CONFERENCES PUBLIQUES

Retours sur la permanence architecturale qui s’est tenue entre janvier et avril 2017 au Magasin des horizons

Carine Bonnot (agence SILO), Sébastien Enault (coopérative Cabestan), Sébastien Fabiani et Mehtab Sheick (agence NA)

Afin de travailler l’amélioration thermique, la mise aux normes et l’évolution des espaces fonctionnels du centre d’art, une étude préalable est confiée aux architectes des agences grenobloises NA et SILO, associés à Sébastien Enault afin d’établir un diagnostic et des scénarios de transformation du lieu. L’équipe, engagée dans des démarches participatives comme processus d’accompagnement de projet, a proposé des permanences architecturales afin de récolter les idées, avis et vécus relatifs au Magasin. Cette étude est une première étape dans le projet d’évolution du centre d’art.

Biographies :

Carine Bonnot / agence SILO : Architecte au sein de l’agence grenobloise SILO, Carine Bonnot est docteur en Urbanisme mention Architecture (UPMF) et enseignante à l’Institut d’Urbanisme de Grenoble et à l’École Nationale d’Architecture de Grenoble. Fondée en 2005 par Carine Bonnot, Thibaut Candela et Yann Damiani, l’agence SILO mène des projets interrogeant le statut de l’architecture (et de l’architecte) dans les territoires.

Sébastien Fabiani et Mehtab Sheick / agence NA : Les architectes Sébastien Fabiani et Mehtab Sheick Badordine se sont rencontrés après leurs études, au sein du collectif Glaneurs de Possible[s]. En 2014, ils fondent ensemble la SARL NA architecture, agence qui intervient dans différents domaines : de la maison individuelle à l’équipement public, en passant par le logement collectif, ou encore les équipements tertiaires tels que commerce, bureaux, santé, tourisme.

Des gestes qui prolongent une main

Rebecca Schneider

Cette conférence s’intéresse à plusieurs types de gestes qui traversent le temps et l’espace pour prolonger une main, de la représentation des mains datant du Paléolithique jusqu’aux récentes actions protestataires « Hands up »  du courant US Black Lives Matter. Qu’est-ce qui est engagé par le prolongement par le geste ? Quelle est la durée d’un salut de la main ? Quel type de proximité peut, dans le même temps, renvoyer à une distance gestuelle élargie ? Si l’on se pose la question des intervalles, qu’advient-il de la conception linéaire du temps ? Par ailleurs, qu’en est-il des gestes qui sont prolongés entre humains et non-humains au sein de ce qui pourrait être pensé comme un vaste système d’appels-réponses qui traversent le temps ?

Biographie :

Professeur au Département de Théâtre et de Performance studies de l’Université de Brown (États-Unis), Rebecca Schneider enseigne dans les domaines de la performance, l’histoire du théâtre, la danse, la culture visuelle et les théories de l’intermédialité. Ses recherches portent sur les pratiques théâtrales et performatives qui étirent les frontières des médias (pièces, arts performatif, photographie, architecture et dimension « performative » de la vie quotidienne).

Habiter, participer

Anthony Pecqueux

Cette conférence entend reproblématiser les liens tenus pour évidents entre habiter et participer: ce serait parce qu’on habite (ou non) tel périmètre qu’on devrait (ou non) participer aux enquêtes concernant ce périmètre. Il s’agira donc de densifier ces liens, à partir d’une ethnographie menée auprès des grands précaires de la région grenobloise, et particulièrement des « habitants de la rue », c’est-à-dire précisément ceux dont on a peine à considérer qu’ils habitent le périmètre.

Biographie :

Anthony Pecqueux est chargé de recherche au CNRS, à l’UMR Ambiances Architectures Urbanités (Équipe CRESSON, ÉNSAG). Après une thèse de sociologie à l’EHESS sur la portée morale voire politique du rap français, ses recherches s’attachent de manière générale à développer une ethnographie de la perception, à partir d’une approche écologique, sensible des expériences urbaines. Il est membre du comité de rédaction de la revue de sciences humaines Tracés (http://traces.revues.org/).

Replacer les glissements de terrain entre art et géographie dans l’esthétique du savoir

Anne Volvey

Cette étude à la croisée des arts et de la géographie est centrée sur la question des pratiques méthodologiques dans ces deux domaines – ce qui renvoie ici à la notion de glissements de terrain –, et au niveau épistémologique, aux régimes esthétiques du savoir spatial – à savoir, les processus esthétiques qui déterminent la formation d’un savoir spatial. Cette conférence traite des éléments empiriques et théoriques qui aident à nourrir la compréhension de la construction d’un savoir spatial d’un point de vue esthétique. Au-delà d’une approche des pratiques méthodologiques entendues comme « manières de faire avec l’espace », cette réflexion cible les rôles clés joués par le corps et les émotions au sein des processus engagés dans la formation de savoirs spatiaux.

Biographie :

Anne Volvey est Professeure de Géographie à l’Université d’Artois, directrice de l’EA2468, Discontinuités. Elle a travaillé sur la dimension spatiale de l’art contemporain, qu’elle aborde à partir de la plastique artistique, pour construire la question du tournant épistémique de l’art actuel. Elle a travaillé, d’autre part, sur la dimension esthétique des méthodologies de terrain en géographie. Au croisement de ces deux axes de recherche, dans une perspective épistémologique, elle élabore la question des régimes esthétiques du savoir spatial et mobilise, pour ce faire, un appareil méta-théorique issu de la psychanalyse traditionnelle (dite aussi du care). Ses recherches s’intéressent donc aux dimensions esthétiques des manières de faire avec l’espace et des objets de cognition qui en découlent, et mettent un accent spécifique sur le corps et les émotions comme opérateurs, processeurs et performeurs des produits de recherche.