Spring School 2019

 

Faire ressortir, suivre à pied, concevoir, planifier, cartographier, marquer, tracer, méditer, délimiter, enquêter, chercher, découvrir, expérimenter, poursuivre… Ces racines étymologiques et ces parcours de création de traces remettent en question la manière dont nous réfléchissons aux marques performatives pérennes, et se frayent un chemin dans nos domaines respectifs que sont les arts, les sciences humaines et les sciences sociales. Cette année, nous aimerions vous inviter à vous inscrire à notre deuxième École doctorale de printemps Arts in the Alps, « MAKING MARKS, LA FABRIQUE SENSIBLE DES TRACES », qui traitera des traces matérialisées par une recherche axée sur la pratique. L’École de printemps Arts in the Alps 2019 aura lieu du 17 au 22 juin et réunira une communauté dynamique de chercheurs et d’artistes, des sciences humaines et sociales (ou de l’art, de la danse, de la géographie, de l’informatique, de la performance et du son), pour explorer et expérimenter comment le sensoriel devient matériel dans un contexte de recherche basée sur la pratique. Les efforts engagés pour fabriquer des traces invitent à un examen approfondi de la pensée matérielle et incarnée que sous-tend la recherche basée sur la pratique. Au cours de cet événement d’une semaine, notre objectif est de mettre l’accent sur la manière dont les traces matérielles sont créées, à travers et pour la recherche artistique, et peuvent à leur tour être partagées entre les communautés.

Télécharger l’appel à candidature

Thématique

L’édition 2019 pose un cadre scientifique précis, dont les objectifs sont :

  • d’interroger la pensée matérielle, située incarnée qui sous-tend la recherche basée sur la pratique ;
  • de mettre l’accent sur la manière dont les traces matérielles sont créées, à travers et pour la recherche artistique ;
  • de déterminer comment de telles traces (artefacts) peuvent être partagées entre les communautés du monde de la recherche.

Les artistes et chercheurs travailleront aux croisements de leurs méthodes et de leur rapport à la matérialité en s’interrogeant sur différentes questions lors d’ateliers et de séminaires :

  • Comment la matérialité d’une pratique artistique peut-elle être utilisée comme outil réflexif ?
  • Comment la physicalité et les artefacts de la recherche créative peuvent-ils résonner au-delà du moment performatif de la création et de la représentation artistiques (cela est particulièrement pertinent pour l’étude historique de la performance) ?
  • Comment les traces perceptuelles peuvent-elles être transférées d’un domaine sensoriel à un autre (par exemple, du visuel au son, du geste au texte) ?

Organisation de la semaine

Durant ces six jours d’école doctorale intensive, les participants auront la possibilité de participer à différents ateliers et séminaires. Ceux-ci comprennent des ateliers sur le mouvement, l’écriture créative, la cartographie et la performance animés par un groupe international de chercheurs et d’artistes. La semaine comprendra des visites de paysages culturels et naturels dans les Alpes.

Cette année, l’événement aura lieu à la Maison de la création et de l’innovation (MACI), notre nouveau bâtiment situé sur le campus principal de l’Université Grenoble Alpes, ainsi que sur quelques sites alpins environnants. Notre nouvelle installation, la MACI, dispose d’espaces spécialisés pour la réalisation et la documentation de recherches fondées sur la pratique et vise à soutenir la manière dont les arts, les sciences humaines et les sciences sociales produisent des recherches en matière de processus et de produits.

Télécharger le programme détaillé

Pour plus d’informations, veuillez contacter : sf-recherche-creation@univ-grenoble-alpes.fr 

Comité de pilotage

Anne-Laure Amilhat Szary (géographe, PACTE, UGA), Elizabeth Claire (historienne, EHESS, CNRS), Anne Dalmasso (historienne, LARHRA, UGA), Andrea Giomi (Post-doctorant et musicien, Performance Laboratory, UGA), Catherine Hänni (biologiste, LECA,CNRS/UGA), Jen Harvie (Théâtre et performance, Université Queen Mary de Londres), Inge Linder-Gaillard (historienne en art et architecture, École Supérieure d’Art et de Design, Grenoble), Lionel Reveret (technologies et services de l’information, INRIA), Gretchen Schiller (chorégraphe, Litt&Arts, UGA), et Jean-Paul Thibaud (sociologue, UMR AAU équipe Cresson, ENSAG).

Encadrants de l’école

Anne-Laure Amilhat Szary (géographe, PACTE, UGA), Elizabeth Claire (historienne, EHESS, CNRS), Anne Dalmasso (historienne, LARHRA, UGA), Laurent Gagnol (géographe, Université d’Artois), Catherine Hänni (biologiste, LECA, CNRS/UGA), Jen Harvie (chercheuse en théâtre et performance, Université Queen Mary de Londres), Leslie Hill (CURIOUS, Université de Roeahampton, UK), François Laplantine (anthropologue, Université Lyon 2), Laura Levin (chercheuse en performance et artiste, Université York, Canada), Coralie Mounet (géographe, PACTE, CNRS Grenoble), Helen Paris (CURIOUS, UK, Université de Stanford, USA), Stéphanie Pons (danseuse, ADM mouvement), Philippe Rekacewicz (géographe, cartographe, PNUE), Lionel Reveret (technologies et services de l’information, INRIA), Gretchen Schiller (chorégraphe, Litt&Arts, UGA)

Équipe administrative et technique

Nataliya Grulois, Martine Fontaine, Virginie Meunier, Michel Morin, Vincent Maillard.

Les conférences publiques

"Le sensible, la scène et la salle. Ethnographie, scénographie, chorégraphie." - le lundi 17 juin 2019 à 18h30

Quand l’ethnographie comme connaissance sensible rencontre la création artistique, c’est à dire l’intensification et la réélaboration de l’expérience sensible. Le théâtre et plus encore la danse contemporaine permettent de réintégrer dans la connaissance une dimension du sensible largement méconnue par la pensée occidentale. Ces deux activités, à l’instar des traditions asiatiques, ne consistent pas tant à exprimer des formes qu’à capter des forces. Elles sont animées par une énergie d’incorporation et d’extériorisation qui pose une série d’interrogations : la relation entre le corps et le langage, les voies du dire et du non dire, la transformation du temps en espace.

Si la question du tracé (notamment des figures chorégraphiques) s’impose pour les artistes et les spectateurs, la question de la trace est beaucoup plus problématique dans le spectacle vivant. Ce dernier ne peut être au sens strict re-présenté car il ne revient pas tout à fait identique à ce qu’il était un autre soir. Il advient chaque fois différent à la manière d’un événement.

Conférencier:

François Laplantine est professeur honoraire à l’université Lyon 2 où il a fondé le département d’Anthropologie. Il est docteur Honoris Causa des universités de Salvador de Bahia et de Paraíba. Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages. Derniers titres: Le Japon ou le sens des extrêmes, Pocket 2017, Penser le sensible, Pocket 2018.

"Rencontres collaboratives autour de la connaissance de la performance : La performance en tant que recherche archivistique" - le mercredi 19 juin à 18h


Jess Dobkin, Archival Magic, Hemispheric Institute for Performance and Politics, New York, 2018

Cette conférence explorera les engagements artistiques autour des archives de performance aux Amériques – des sites qui servent de dépôts de mémoire culturelle et de riches ressources pour analyser les répertoires et les tactiques de la performance critique. En étudiant de près le travail d’artistes canadiens tels que Jess Dobkin, Jacqueline Hoàng Nguyễn, Tanya Lukin Linklater et Tanya Mars, j’explorerai en quoi la pratique de la performance peut servir de méthode vitale pour activer les archives – en utilisant des actions incarnées pour se souvenir des routes oubliées de la performance hémisphérique et des histoires de la production artistique politique. Je propose également des réflexions sur Conjuring the Archive, un projet de recherche-création que je développe actuellement avec Dobkin, une artiste qui questionne depuis longtemps, de manière critique, par le biais de sa pratique, comment fonctionne la documentation de la performance. En cours de route, je demanderai (dans un entretien avec Dobkin) : Que signifie collaborer avec une archive ? Comment cette collaboration performative avec des documents et objets d’archives contribue-t-elle à la compréhension de la performance et à son insistance / persistance matérielle ? Comment la performance en tant que pratique archivistique – par le biais de ses conjurations ou de ses transmissions de traces matérielles – peut-elle participer à des processus plus vastes de création de sens, de pensée magique et de transformation sociale ?

Conférencière:

Laura Levin est professeure associée de Théâtre et de Performance à l’université York (Toronto) et directrice de Sensorium, centre de recherche sur l’expérimentation à l’intersection de la performance et des arts médiatiques. Ses travaux de recherche portent sur la généalogie de la performance, les interventions sur site et en milieu urbain, les performances intermédiales et politiques. Elle est l’auteure de Performing Ground: Space, Camouflage et Art of Blending In et co-éditrice de Conversations Across Borders; Theatre and Performance in Toronto; Choreographies of Assembly; et Performance Studies in Canada (parmi d’autres publications). Elle est éditrice à Canadian Theatre Review et co-investigatrice au Consortium canadien sur la performance et la politique dans les Amériques. Elle a co-créé plusieurs travaux de recherche-création, et a récemment collaboré avec Jess Dobkin à Conjuring the Archive, un projet activant l’histoire de la performance par le biais de modes de réalisation créatifs.

 

 

"Les connaissances par traces. Des pistes animales aux lignes de désir urbaines. " - le mardi 18 juin à 10h

https://medium.com/@Tarsi/revue-ux-7-973eb43964c

Cette conférence traitera des « connaissances par traces », étudiées dans le sillage des travaux de Carlo Ginzburg sur l’épistémologie des traces et des indices. En nous appuyant sur l’analyse des savoirs cynégétiques et pastoraux, chez les chasseurs et les naturalistes des Alpes françaises et dans les sociétés pastorales nomades saharo-sahéliennes, nous montrerons comment ces connaissances se déploient, dans leur attention aux indices, aux traces des cheminements des êtres vivants et aux lignes inscrites sur le sol. Ces savoirs indiciels, initialement construits autour de la lecture spatiale des pistes animales, peuvent également porter sur les pratiques humaines. Les lignes de désir urbaines tracent ainsi dans l’espace les manières spontanées de circuler en ville.

Conférenciers:

Coralie Mounet est chargée de recherches CNRS en géographie au sein du laboratoire Pacte à Grenoble. Ses activités de recherche portent sur les relations société/nature dans un contexte de changements globaux, et plus particulièrement sur les relations entre humains et animaux. Après avoir étudié les conflits et les controverses autour de la gestion d’animaux « à problème » pendant ses travaux de doctorat, elle s’est penchée sur les négociations des « bonnes distances » entre humains et animaux dans des protocoles de suivi et de connaissance des grands mammifères. Dans une approche comparative, elle s’intéresse aujourd’hui à diverses situations, depuis des activités de chasse à la préservation de la nature en ville, en passant par les questions autour de la faune sauvage dans les espaces protégés.

Laurent Gagnol est maître de conférences en Géographie à l’université d’Artois et membre du laboratoire Discontinuités (EA 2468). Depuis une vingtaine d’années, ses recherches portent sur un terrain privilégié, le Sahara et le Sahel, en particulier en Mauritanie, au Tchad, au Maroc et au Niger où il se rend régulièrement. Après avoir réalisé une thèse de doctorat sur le nomadisme et la sédentarisation des Touaregs du nord du Niger, ses recherches abordent aujourd’hui la question des ressources naturelles, de la gestion des pâturages à l’exploitation de l’uranium, et notamment de l’actuelle ruée vers l’or saharienne. Mobilisant une approche en termes de géographie culturelle et d’écologie politique, il s’intéresse également au thème des mobilités et des traces, notamment du point de vue des pasteurs nomades.