Conférences d’automne 2018 *

* Programme des ateliers recherche création associés aux conférences ICI 

Paroles croisées autour de la maladie de Huntington : recherche scientifique et enquêtes artistiques

par Anne Collod, Alice Rivières, Frédéric Saudou, Sandrine Humbert

le lundi 24 septembre, de 12h30 à 14h, Amphi MSH Alpes, Université Grenoble Alpes

 INSCRIPTIONS OUVERTES  

Dans cette conférence Art&Santé, Anne Collod, chorégraphe et Alice Rivières, écrivaine, toutes deux membres du Collectif Dindingdong – Institut de coproduction de savoir sur la maladie de Huntington – mèneront une discussion autour de cette maladie avec Frédéric Saudou et Sandrine Humbert – chercheurs au Grenoble Institut des Neurosciences. Les intervenants présenteront les travaux qu’ils mènent en lien avec des personnes touchées par la maladie et leurs proches en mettant en avant les spécificités et points de recoupements entre leurs domaines respectifs de recherche artistique et scientifique.

Anne Collod est danseuse et chorégraphe. Elle développe un travail de création, de recréation et de pédagogie axé sur les utopies du collectif. Dans le cadre de Dingdingdong, elle enquête sur la chorée de Huntington et réalise des portraits chorégraphiques de personnes touchées par la maladie.

Alice Rivières est écrivaine, porte la mutation génétique responsable de la maladie de Huntington. Depuis 5 ans, elle est « envoyée spéciale » pour Dingdingdong dans le Huntingtonland : elle explore la communauté de celles et ceux qui sont engagés, comme elle, dans cette maladie qui les métamorphose corps et âme.

Sandrine Humbert, directrice de recherche à l’Inserm, anime une équipe de recherche “Progéniteurs neuraux et pathologies cérébrales” au  Grenoble Institut des Neurosciences, GIN. Frédéric Saudou, professeur à l’Université Grenoble Alpes, est directeur du GIN et anime l’équipe « Dynamiques intracellulaire et dégénérescences”.  Depuis plus de 15 ans, les 20 à 30 chercheurs qui font partie de ces équipes s’intéressent aux fonction de la huntingtine, la protéine mutée dans la maladie de Huntington, et comment les dérégulations de ces fonctions contribuent à la progression de cette pathologie.

© Lika Banshoya

Affronter le présent : de la représentation à la réflexion

dans le travail de production de Thomas Ostermeier

par Peter M Boenisch

le jeudi 8 novembre, de 17h30 à 19h30, Amphi IMAG, Université Grenoble Alpes

 

INSCRIPTIONS OUVERTES 

 A partir des recherches que je mène en collaboration avec le metteur en scène allemand Ostermeier sur ses méthodes contemporaines de mise en scène, ma conférence portera sur la manière dont les récentes productions d’Ostermeier utilise la scène pour traiter de la crise politique actuelle. En mettant en scène des pièces classiques mais aussi en concevant des oeuvres basées sur des récits biographiques, le metteur en scène propose des réponses à la radicalisation des partis politiques de droite, à l’homophobie, à la crise des partis de gauche et à l’incertitude quant à “ce qui doit être fait” dans ce contexte. En explicitant la méthode de mise en scène d’Ostermeier, j’expliquerai comment le metteur en scène cherche à ouvrir les possibilités du théâtre politique contemporain au-delà des limites de la représentation, de la subversion et de la déconstruction. En cherchant à transformer le théâtre en un espace de débat, mais aussi en espace agonistique (dans le sens où l’entendent respectivement Habermas et Mouffe), ses productions prennent la forme d’un théâtre post-réaliste qui s’appuie sur des moyens de narration et de storytelling étonnamment conventionnels – quoique particulièrement lyriques. Le désir des spectateurs, l’identification idéologique subjective ainsi que l’engagement affectif sont notamment utilisés pour inviter ou plutôt ordonner au public – d’une façon purement théâtrale, et “interpassive” à réfléchir sur notre responsabilité individuelle de “partager” (Rancière) dans le théâtre à notre époque.

Peter M Boenisch est Professeur de Théâtre européen à l’École Centrale Royal de Rhétorique et de Théâtre à l’Université de Londres, et vit à Berlin. Ces domaines de recherche sur la direction de théâtre, la dramaturgie et la danse contemporaine portent plus particulièrement sur les pays germanophones ainsi sur que les esthétiques et politiques institutionnelles du système du théâtre européen. Il est l’auteur de nombreux ouvrages tels que Directing Scenes and Senses: The thinking of Regie (Manchester University Press 2015), The Theatre of Thomas Ostermeier, co-écrit avec le metteur en scène allemand (Routledge 2016), and the volume Littlewood – Strehler – Planchon in the series The Great European Stage Directors (co-edited with Clare Finburgh, Bloomsbury Methuen 2018). Il a entre autres également co-édité chez Palgrave avec Rachel Fensham la série d’ouvrages New World Choreographies.

Christoph Gawenda, Laurenz Laufenberg, and Renato Schuch in Thomas Ostermeier’s stage version of Édouard Louis‘ Histoire de la violence at Schaubühne Berlin (2018), ©Arno Declair

Sculpting the Sensescape: An Embodied Approach to Design

par Barbara Erwine

le mercredi 16 octobre, de 18h à 20h, École nationale supérieure d’architecture de Grenoble

INSCRIPTIONS OUVERTES 

Cette conférence questionne les origines du mouvement de carence sensorielle progressive  du design contemporain et propose une approche alternative qui permette de revaloriser la variété et la vitalité sur laquelle ouvre une approche sensorielle pleinement incarnée. Nous nous intéresserons aux espaces sensoriels en tant qu’entités volumétriques dans lesquelles nous entrons, et que nous considérons différemment des constructions tectoniques des murs, sols, plafonds, etc., qui constituent habituellement les compétences premières des architectes. Nous explorerons l’équilibre délicat que requiert le fait de créer des environnements sensibles authentiques et propices à l’épanouissement, qui éveillent de l’intérêt sans pour autant accabler ou agresser les présents, et qui évoquent un sentiment d’appartenance sans pour autant être manipulé. Cette présentation se conclura par une discussion sur la manière dont nous pouvons finalement évaluer l’importance des modalités sensorielles dans l’architecture ou le design afin de rétablir une célébration des sens dans le monde du design contemporain, tant pour son enseignement que pour sa pratique.

Barbara Erwine, est consultante en design, auteur, chercheuse et enseignante au département d’Architecture de l’Université de Washington. Elle est notamment l’auteure de l’ouvrage Creating Sensory Spaces: The Architecture of the Invisible (Routledge, 2017), dans lequel elle présente une approche alternative du design qui révalorise une célébration des sens dans le champ contemporain de l’architecture.

Faire et dire le théâtre

par Jelle Koopmans

le mardi 23 octobre de 16h30 à 18h, Amphithéâtre MSH Alpes, Université Grenoble Alpes

INSCRIPTIONS OUVERTES 

Dans le farce de Raoulet Ployart de Pierre Grignore, la femme préfère (quand il s’agit de « labourer sa vigne ») le personnage Faire au personnage Dire. Ici, nous prendrons un exemple concret: l’utilisation de formes strophiques, et notamment le triolet, sur la scène des XVe et XVIe siècles. Bien multiples sont les interprétations intelligentes, gratuites, peu fondées et plausibles qui ont été formulées, mais personne n’a encore soumis la question à l’épreuve de la pratique – est-ce que cela pourrait tout simplement fonctionner comme on le croit? En guise d’ouverture à un atelier, pratique et concret, où nous procéderons à une véritable « mise en pratique », cette conférence détaillera les enjeux, les possibilités, et les dangers de la forme même de l’atelier comme outil historique pour l’étude du théâtre médiéval – et renaissant, d’ailleurs, et plus proprement pour tout théâtre historique. La grande question au rendez-vous sera celle du rapport entre la parole et l’action, et donc non seulement « quand dire, c’est faire », mais aussi « quand faire c’est dire ».  

Jelle Koopmans travaille depuis 1989 à l’Université d’Amsterdam, au département de français et à l’Institut de Culture et d’Histoire. Sa thèse de doctorat (Université de Leyde, 1987) portait sur les sermons joyeux français des XVe et XVIe siècles. Depuis, il a publié un certain nombre d’éditions importantes de textes dramatiques et narratifs ainsi que des monographies (mentionnons : Le théâtre des exclus au Moyen Âge, Paris, Imago, 1997). Il est membre de l’Académie Royale des Arts et des Sciences (KNAW) et président du Conseil pour les Sciences de l’Homme (RGW) aux Pays-Bas. En 2012, la ville de Tours lui a remis la médaille de la ville pour ses travaux sur la Renaissance française.