Ateliers

Ouverture de journée : pratique corporelle

Germana Civera

« Travailler sur la conscience du corps dans une triangulaire implacable : espace – présence – temps. S’approcher des différents systèmes de corps et ses dynamiques de perception, de kinesthésie, d’incorporation, d’émergence et de communication.  Éprouver la marche, la cellule matrice de toute danse. Nous porterons un focus sur la gravité, la respiration, le système squelettique, la puissance de l’énergie, ses multiples déplacements et projections dans l’espace. Aiguiser et questionner la présence, le regard, l’écoute. L’objectif est d’atteindre une meilleure disponibilité du corps vis-à-vis de la présence, l’espace, l’autre et le mouvement dans tous ses possibles et sans limites dans une économie de l’effort. Simultanément nous allons établir un vocabulaire commun à fin de nommer, questionner et analyser la traversée dans le corps de ces notions fondamentales que nous pratiquerons. »

Biographie : 

Chorégraphe et danseuse, Germana Civera a travaillé avec Mathilde Monnier au CCN de Montpellier, puis avec Jérôme Bel, Anne Collod et François Verret. Son travail de création développe et explore des dynamiques de communication et de perception via la conscience physique, l’improvisation, l’écriture chorégraphique et la performance, en collaboration avec d’autres médiums artistiques et avec l’appui réflexif de la neurophysiologie, la philosophie, l’anthropologie.

Atelier : Cartographie des gestes perdus

Gretchen Schiller et Helen Paris

 « Nous vous proposons dans cet atelier d’explorer le site en cherchant à révéler et archiver des « gestes perdus ». La question que nous posons est : comment des gestes-fantômes peuvent-ils hanter et animer un lieu et des corps ? Comment migrent-ils à travers et entre différentes temporalités? Nous parcourrons le site à travers les sens, le corps et la mémoire cellulaire en utilisant  l’haptique, le somatique ainsi que l’autobiographie pour créer du texte, des gestes, du son et de l’image. »

Biographies :

Gretchen Schiller est chorégraphe et professeure d’Arts de la scène à l’UGA, membre de l’UMR LITT&ARTS et directrice de la Maison de la création. Son travail de recherche chorégraphique porte sur la mémoire du corps, la kinesthésie et l’implication épistémique du corps vécu. Elle développe actuellement avec Germana Civera un projet d’installation sonore sur la mémoire vivante intitulé « Under the arches of their feet ».

Helen Paris est enseignante-chercheuse en Performance à l’Université Stanford (États-Unis) et co-directrice artistique de la compagnie de performance Curious (Londres). Elle a publié notamment Proximity in Performance : Curious Intimacies, co-écrit avec Leslie Hill (2014), qui analyse le concept anthropologique de proxémie dans le contexte des études contemporaines de la performance, et Performance and Place, co-édité avec Leslie Hill (2006), qui explore les sites de performance contemporaine et la notion de lieu.

Atelier : Réagencer les strates temporelles

Anne Dalmasso et Martial Chazallon  

« Nous travaillerons chaque jour sur un site différent, à l’intérieur ou à l’extérieur, à partir d’une série de documents d’archives et d’outils sensibles d’exploration. Nous guiderons les participants dans des expériences sensorielles et physiques pour accumuler expériences, ressentis, émotions, imagination en interaction directe avec la physicalité des lieux. L’ensemble du travail sera documenté à l’aide des smartphones des participants, dans le but de réunir des strates/couches/relevés sensoriels sur un même site et de les présenter ensemble lors de la restitution. »

Biographies :

Diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Paris et de la Sorbonne en anthropologie, Martial Chazallon est chorégraphe. Il a créé avec Martin Chaput la compagnie Projet in situ, qui interroge dans ses pièces et ses parcours chorégraphiques la mémoire intime et collective des corps, leur dimension politique et sociale ; là où se forge l’imaginaire corporel de chacun, où se négocient identité et altérité.

Anne Dalmasso est professeure d’Histoire contemporaine à l’UGA et responsable de l’axe « Territoires, économie, enjeux sociétaux » du laboratoire LARHRA (UMR 5190). Ses thèmes de recherche sont l’histoire des entreprises au XXe siècle, l’histoire économique, l’histoire des territoires et l’histoire de l’innovation.

 

 

 

Atelier : Partitions performatives et géographiques

Daria Lippi et Anne-Laure Amilhat Szary

« Il s’agit de construire dans le quartier Bouchayer-Viallet des parcours qui réunissent les expériences sensibles du lieu de leurs participants, expériences suscitées par le biais d’éléments matériels de l’espace urbain. L’idée part de la visite guidée en ce qu’il y a un initiateur de la balade, mais s’en échappe aussitôt car il n’y a rien de pré-normé offert à voir. Il s’agit de poser, sur un parcours qui se construit ensemble, des indices / objets, afin de créer, autour des liens qu’ils tissent, une histoire réinventée : le participant est invité à se projeter dans l’espace, et par là même à le signifier. L’invitation s’étend au fait de laisser des traces éphémères dont les visiteurs pourront se saisir. »

Biographies :

Professeure de Géographie à l’Université Grenoble-Alpes et directrice du laboratoire PACTE, membre de l‘Institut Universitaire de France, A.-L. Amilhat Szary est une géographe politique dont le travail concerne les frontières. Ses dernières recherches sont consacrées aux relations entre l’espace et l’art contemporain dans, et à propos des lieux contestés. Elle a participé à la fondation du collectif antiAtlas des frontières (http://www.antiatlas.net/), un projet sciences/arts.

Actrice et metteur en scène (Compagnie Reset), formée à la danse, Daria Lippi est également pédagogue. Elle a été directrice de la recherche à l’École Nationale Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Bretagne entre 2012 et 2015 et a créé dans ce cadre la Fabrique Autonome des Acteurs (2014), structure trans-disciplinaire de recherche, formation et production où elle organise des formations et des Laboratoires de recherche croisée (performance/neuroscience, photographie, arts numériques).

Atelier : Soundscape inquiry : des rides de parole aux plissements d’un lieu, une investigation poétique

Guillonne Balaguer et Inge Linder-Gaillard

Cet atelier est une proposition pour une heuristique poétique, narrative et sonore d’un lieu. Il s’agira d’une investigation poétique et d’un arpentage sonore du site Bouchayer-Viallet : inventaire des éléments discrets du paysage (sons, voix, glyphes), conversations sérendipiennes, effeuillage des mémoires, écriture, glossaire fictionnel, et élaboration de pièces sonores (laptop, enregistreur).

Biographies :

Inge Linder-Gaillard est responsable des études et de la recherche à l’École Nationale Supérieure d’Art et Design Grenoble-Valence. Historienne de l’art de formation, elle a obtenu son doctorat (PhD) à l’Institut Courtauld (Université de Londres). Elle a été responsable des expositions au Magasin – Centre national d’art contemporain, et a enseigné l’histoire internationale de la performance à l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble).

Guillonne Balaguer est poète et artiste sonore et explore les liens entre écriture, son, voix et espace. À partir de matières verbales et non-verbales elle crée des textes poétiques, des expérimentations sonores et des installations. Elle a collaboré notamment avec l’illustrateur Miccam (Industries de Diptères, éd. L’Arachnoïde, 2014) et le graveur Marc Granier (Jour, éd. Montiels, 2016).

Atelier : Séminaires de philosophie

Erin Manning et Brian Massumi

Au cours de deux matinées, les participants ont eu l’occasion de suivre un séminaire de Philosophie avec Erin Manning et Brian Massumi. Les deux professeurs ont pris pour point de départ de leur analyse une lecture d’un texte de Gilles Deleuze sur la pensée du Dehors chez Michel Foucault.

Biographies :

Erin Manning détient une chaire de recherche en philosophie et art relationnel de la Faculté des beaux-arts de l’université Concordia. Elle est également directrice du SenseLab (www.senselab.ca), un laboratoire de recherche qui explore les intersections entre la création artistique et la philosophie à partir de la matrice du corps sensible en mouvement. Artiste, elle travaille entre la peinture, la danse, les textiles et la sculpture. Ses projets récents explorent les collectivités émergentes e tle geste mineur.

Brian Massumi est professeur de Philosophie au Département de la Communication de l’Université de Montréal. Dans une perspective philosophique qui relève de « l’empirisme radical », il s’intéresse aux dimensions esthétiques des enjeux communicationnels contemporains (nouveaux modes d’expression et modalités d’expérience, individuelles et collectives, rendues possibles par les nouveaux médias, telle que révélées par les pratiques innovatrices en art numérique et interactif) et aux théories contemporaines du pouvoir dans le contexte de la mondialisation du capitalisme.